L'impact du nouveau partenariat entre Mila et Anthropic sur l’IA au Québec
Le nouveau partenariat entre Mila et Anthropic marque une étape importante pour l’intelligence artificielle au Québec. En donnant aux chercheurs montréalais un accès direct aux modèles Claude et en injectant 10 millions de dollars dans la recherche canadienne en IA, cette entente pourrait accélérer l’innovation dans des secteurs clés comme la santé, la robotique et le développement durable. Au-delà de la recherche, son véritable impact se mesurera toutefois à sa capacité à combler l’écart entre les découvertes scientifiques du Québec et leur adoption par les entreprises.
Publié hier à 14h06 | Mis à jour hier à 14h15 Lecture 3 min.
Hugo Larochelle, directeur scientifique de Mila
Anthropic et Mila ont annoncé le 14 juillet un nouveau partenariat qui donnera à la communauté de recherche montréalaise de Mila un accès direct aux modèles Claude, le grand modèle de langage (GML) de Anthropic. L’annonce est accompagnée d’un engagement de 10 millions de dollars d’Anthropic envers la recherche en IA au Canada, partagé entre huit centres de recherche, dont le Mila.
Pour le Mila, l’accès direct offert aux équipes de recherche en IA permettra d’accélérer les travaux de recherche dans plusieurs domaines prioritaires, tels que l’IA responsable, la santé, le développement durable, la robotique et les systèmes multiagents. Du côté de l’entreprise, cet échange permet un rapprochement avec l’un des réseaux de recherche les plus importants au Canada.
L’entente avec Anthropic se fera sentir au-delà des laboratoires, en soutenant les entreprises en démarrage qui gravitent autour des centres qui participent à l’échange. Grâce au programme de jeune pousse d’Anthropic, une centaine d’entre elles ont la possibilité de recevoir des crédits API, afin de brancher les modèles d'IA de Claude directement dans leurs propres projets, plutôt que via l'interface web conversationnelle.
« L'accès aux modèles d'Anthropic constitue un puissant accélérateur pour les travaux menés au sein de la communauté de recherche de Mila, qu'il s'agisse de faire avancer la science de l'IA responsable et sécuritaire, de développer des outils qui aident les chercheur·euse·s dans leurs découvertes scientifiques, ou de repousser les limites en matière de santé, de durabilité, de systèmes multi-agents et de robotique. Nous sommes enthousiastes à l'idée d'explorer ce qui devient possible lorsque certains des chercheur·euse·s en IA les plus rigoureux·ses au monde ont accès à certains des systèmes d'IA les plus avancés qui soient », a déclaré Hugo Larochelle, directeur scientifique de Mila, par voie de communiqué.
Ce partenariat représente un pas de plus sur le parcours qui mène du laboratoire à l’entreprise et de la découverte à la productivité. Si cet accord permet de transformer, au sens large, la réputation scientifique en valeur économique réelle, il aura atteint son objectif.
Le chapitre suivant d’une longue tradition en recherche
Fondé en 1993, le Mila a placé Montréal à l’avant-garde des leaders de la recherche en IA, solidifiant la contribution du Québec à l’IA moderne. Sa réputation dépasse nos frontières. Avec plus de 1500 membres, le Mila est le plus grand centre universitaire de recherche spécialisé dans l’apprentissage profond au monde.
Parmi les plus grandes contributions du centre, on retrouve son impact à titre de pionnier de l’apprentissage profond, son rayonnement académique et ses travaux de recherche en santé ou en environnement.
De la découverte à l’adoption : le vrai test
Comme le démontre la Grande Enquête sur l’innovation en entreprise 2026 publiée par le Conseil de l’innovation du Québec, le Québec excelle en recherche, mais tire de l’arrière en matière d’adoption de l’IA. Seulement 46 % des entreprises innovantes québécoises ont intégré l’IA à leurs activités, contre 57% en Colombie-Britannique.
Des données partagées par Anthropic au sujet de l’adoption de Claude abondent dans le même sens : la Colombie-Britannique et l’Ontario sont les deux provinces où l’on utilise le plus Claude par habitant.
Malgré son statut de leader en recherche, le Québec adopte moins l’IA que les autres provinces canadiennes. Ce nouveau partenariat pourrait contribuer à inverser la tendance.


